Joconde se pinçant le nez — parodie humoristique du chef-d'œuvre de Léonard de Vinci, poster Balthazart Studio

Pourquoi les chefs-d'œuvre se pincent le nez : petite histoire (un peu vraie) de la parodie d'art

Joconde se pinçant le nez — parodie humoristique du chef-d'œuvre de Léonard de Vinci, poster Balthazart Studio

On nous pose souvent la même question, en général après un long silence devant un poster encadré dans une entrée : « Mais… pourquoi est-ce qu'elle se pince le nez ? »

La réponse honnête, c'est : parce qu'à un moment, quelqu'un a regardé la Joconde — vraiment regardé — et s'est dit qu'elle avait peut-être senti quelque chose qu'on ne voulait pas savoir. On a fait pareil pour Van Gogh, pour Vermeer, pour la mère de Whistler, et pour quelques autres. C'est ça, la parodie d'art version Balthazart : un petit geste qui remet la grandeur à hauteur d'homme.

Mais derrière la blague, il y a une vraie tradition. La parodie n'a pas commencé avec nous, et elle ne s'arrête pas à un pince-nez.

La parodie d'art est aussi vieille que l'art lui-même

On a tendance à imaginer les chefs-d'œuvre comme on les voit aujourd'hui : derrière une vitre épaisse, dans une salle silencieuse, avec un cordon rouge à deux mètres. Ce n'est pas leur état naturel. À l'origine, presque tous ces tableaux ont fait rire quelqu'un — un voisin de l'artiste, un commanditaire qui n'aimait pas son portrait, un graveur qui en a fait une caricature dès la semaine suivante.

  • Quand Léonard a fini la Joconde, ses contemporains l'ont d'abord trouvée bizarre — ce sourire ambigu était presque un défaut. Les premières copies à plaisanter sur son expression remontent à son siècle, pas au nôtre.
  • Marcel Duchamp, en 1919, lui a dessiné une moustache et l'a appelée L.H.O.O.Q. (lisez-le à voix haute en français — c'est exactement ça, la blague). Ce n'était pas un caprice : c'est l'un des actes fondateurs de l'art moderne.
  • Andy Warhol a sérigraphié des Mona Lisa par dizaines. Banksy a peint la sienne au lance-roquettes. Chaque génération recommence. Pourquoi ? Parce qu'un chef-d'œuvre n'existe vraiment qu'à partir du moment où l'on a envie d'y toucher.

Vu sous cet angle, notre Joconde se pinçant le nez n'est pas une rupture. C'est la suite logique : on rejoint juste la file.

Le pince-nez : une mini-théorie

Pourquoi spécifiquement se pincer le nez ? Trois raisons, des plus prosaïques aux plus poétiques.

1. Le siècle où ils vivaient sentait fort. Avant 1850, Paris, Florence, Amsterdam — la même odeur (les égouts, les chevaux, les peintures à l'huile au plomb, l'absinthe). Si vous mettiez Léonard, Vermeer ou Vincent face à un dîner dominical contemporain correctement aéré, ils auraient pleuré de gratitude. Le pince-nez, c'est leur condition de travail. On la documente, c'est tout.

2. Le geste casse la pose. Tous ces portraits ont en commun une chose : la gravité. Le sourcil arqué, la main posée, l'œil tourné vers l'éternité. Ajoutez un pince-nez, et soudain le modèle redevient quelqu'un qui partage votre appartement — un colocataire qui vient de découvrir que le voisin du dessous fait cuire des choux.

3. Le mur où vous l'accrochez ne ment plus. Un poster classique au-dessus d'une cuvette de WC, c'est de la déco qui se prend au sérieux. Un Van Gogh qui se bouche le nez dans le même endroit ? C'est de la déco qui sait où elle est. Vous arrêtez de prétendre que vos toilettes sont une galerie ; vous reconnaissez qu'elles ont un usage, et vous en faites une blague partagée.

C'est ce troisième niveau — celui que les visiteurs ne formulent jamais à voix haute — qui explique pourquoi nos clients accrochent ces posters spécifiquement dans les pièces où le silence de musée n'a pas sa place.

Les cinq grands : qui se pince le nez, et pourquoi

Notre série n'est pas un catalogue, c'est une distribution. Chaque visage choisit la grimace pour une raison précise — et chacun trouve son mur.

Léonard de Vinci — la Joconde

C'est notre best-seller historique, et il n'y a pas de mystère : la Joconde est la peinture la plus reconnaissable au monde, et la plus copiée. Toucher à elle, c'est faire un clin d'œil à toute l'histoire de l'image. La parodie marche parce qu'elle est aussi un hommage : on ne se moque pas d'un tableau qu'on n'aime pas.

  • Joconde se pinçant le nez — le mur d'entrée. Le poster qui dit à vos invités, dès la porte, que vous ne prenez pas la déco au pied de la lettre.

Vincent van Gogh — l'autoportrait

La Jeune Fille à la perle de Vermeer se pinçant le nez — poster parodie Balthazart Studio

Aparté Vermeer ci-dessus : on y revient dans une seconde. Avant : Vincent.

Van Gogh a peint plus de trente autoportraits, et la plupart ont en commun un regard fixe qui dérange. On l'a souvent expliqué par la fatigue, l'alcool, l'absinthe — toutes ces choses qui, accessoirement, sentent fort. La théorie tient.

  • Portrait de Van Gogh se pinçant le nez — particulièrement bien dans un coin lecture ou au-dessus d'un bureau d'écriture. Le regard reste exactement aussi pénétrant qu'avant ; seul le contexte a changé.

Johannes Vermeer — la Jeune Fille à la perle

C'est, avec la Joconde, le visage le plus filmé du XXᵉ siècle (merci à Scarlett Johansson et au roman de Tracy Chevalier). Le tableau est un mystère résolu par personne : qui était-elle ? On ne sait pas. Ce qu'on sait, c'est qu'elle se retourne, et qu'elle a l'air d'avoir senti quelque chose dans la pièce d'à côté.

James Whistler — la Mère

Mère de Whistler se pinçant le nez — parodie poster Balthazart Studio

Le tableau officiel s'appelle Arrangement en gris et noir n° 1 (Whistler refusait qu'on en parle comme d'un portrait — pour lui, c'était une étude de composition). Le monde, lui, l'a immédiatement renommé « Whistler's Mother », et l'a transformé en symbole universel de la mère sévère qui sait. Si quelqu'un dans cette galerie a le droit de se pincer le nez avec dignité, c'est elle.

Grant Wood — American Gothic

Le tableau le plus parodié de l'histoire américaine — au point que le fermier à la fourche est devenu un meme avant même l'invention du mot. Wood l'a peint en 1930 pendant la Grande Dépression ; lui-même disait que c'était une scène d'humour (rarement la lecture qu'on en fait dans les musées). Mettre un pince-nez sur ce couple, c'est juste rendre le mémo.

  • American Gothic parodie — un bonheur dans un couloir, parce qu'on les croise en passant, comme dans un tableau.

Et les présidents ? Et les rois ?

On a la même série pour les têtes que tout le monde reconnaît à la seconde où elles entrent dans la pièce — souvent encadrées dans un bureau, sur un billet, ou au fond d'une vidéo d'archive. Quelques préférés :

Tous, étrangement, semblent avoir toujours eu un peu envie de se pincer le nez. La parodie ne fait que révéler ce que la peinture officielle taisait.

Ce qu'on essaie vraiment de faire

On vend des affiches. On a aussi, en théorie, une mission un peu plus précise :

  • Rendre un musée portatif et désacralisé. Beaucoup de nos clients nous écrivent « je n'ai jamais accroché de tableau classique au mur — celui-là, oui ». Il y a une porte d'entrée à l'art qu'un musée ne peut pas ouvrir, parce qu'elle passe par la blague.
  • Transformer une pièce sérieuse en pièce vivante. Une parodie au-dessus d'une cuvette, c'est un panneau qui dit ici, on rit ensemble. C'est plus précieux qu'on ne le pense.
  • Garder l'artisanat lisible. Aucun de nos posters n'est généré au hasard. Le pince-nez est dessiné à la main, intégré pixel par pixel, et les couleurs du tableau original sont respectées. Si on s'autorise une blague, on ne s'autorise pas le bâclage.

Si cet article vous a fait sourire et que vous vous demandez par où commencer, la collection complète des parodies est rangée par style (peintres / présidents / animaux / mise en situation) et par mur (entrée, couloir, bureau, salle de bain, toilettes). Et si vous avez une idée de tableau qu'on devrait pincer ensuite, écrivez-nous : on lit tout.

Voir toute la galerie des chefs-d'œuvre pincés → Tous les posters


Retour au blog